Qu'est-ce qu'Euphoria, la nouvelle série d'ado HBO?

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Le 17 Juin, le premier épisode d’Euphoria, la nouvelle série écrite par Sam Levinson et produite par Drake a été diffusé sur HBO. Et si vous vous demandiez pourquoi cette série fait tant parler d’elle, en voici la raison.

Bercés par une superbe bande originale aux musiques triées sur le volet, nous suivons Rue le personnage principal, toxicomane à 16 ans, ainsi que ses amis de lycée, dans leur découverte de la vie, affrontant du mieux qu’ils le peuvent les difficultés et questionnements qui vont de paire avec l’adolescence. La structure est similaire à celle de Skins, la série Anglaise si populaire au début des années 2010, et qui a eu droit par ailleurs, à une adaptation Américaine médiocre. 

Si dans Skins la drogue, l’alcool et la fête étaient présentés comme la seule manière trouvée par ces adolescents pour échapper leurs problèmes, ces éléments n’ont étonnamment pas ce rôle ici. Ils sont un simple aspect de la vie des ados d’Euphoria, des activités banalisées qui font partie de la vie de n’importe quel gosse de seize ans. Si présenter les choses de cette manière peut paraître quelque peu malsain, cela ne fait en fait que montrer une réalité qu’il serait hypocrite d’ignorer.

Tout comme dans Skins, et plus tard dans Skan la série Norvégienne, chaque épisode se concentre sur un des personnages : la série explore leur environnement social ainsi que leur personnalité afin de faire lumière sur un problème plus général propre aux jeunes générations. Jusqu’ici les sujets de l’addiction, le harcèlement sur les réseaux sociaux, la masculinité toxique, la pornographie enfantine et la trans sexualité ont été abordés. Certaines scènes sont peu plaisantes, voire insupportables à regarder (violences sexuelles, overdoses…), néanmoins elles servent toutes l’intérêt du développement des personnages tout en ayant un rôle esthétique.  

Car dans Euphoria, l’esthétique est importante : l’atmosphère qui règne dans la série constitue la différence majeure avec le reste des séries d’ado. Au lieu de chercher à montrer les images les plus réalistes possibles, le style est ici plus artistique dans la manière de filmer et cela crée avec brio une atmosphère à la fois lourde et onirique. Il y a quelque-chose qui relève parfois presque du thriller, du fait des scènes peu éclairées, des couleurs fluorescentes, de la voix off au ton blasé du narrateur - le tout associée à la trap musique musclée et au montage parfois non chronologique.  

L’influence du porno sur les comportements sexuels, la sexualité, la grossophobie ou les envois de nudes comme nouvelle manière de communiquer… Tels sont les sujets traités à travers les histoires des personnages. Et ces derniers sont on ne peut plus pertinents auprès de la “millenials generation”. Après Sex Education qui a ouvert la discussion sur les représentations sexuelles, Euphoria apparaît comme une version mise à jour et bien plus stylisée du genre de la série d’ado, traitant de l’impact qu’ont les technologies sur la manière dont les jeunes se perçoivent eux-mêmes ainsi que leur relations avec leurs pairs. 

Pour le moment, quatre épisodes ont été diffusés, chacun nous emmenant plus loin dans la vie à priori normale de ces ados qui sont aussi perdus que ceux avant eux. Et si la série reçoit déjà beaucoup de mauvaises critiques à cause de son caractère dérangeant, on peut simplement espérer qu’elle parviendra à ouvrir la discussion sur les problèmes identitaires rencontrés par ces ados au téléphone greffé à la main. 

Euphoria HBO, diffusé tous les Lundi sur OCS. 

par Jessica Ayinda

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